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Comment faire une bonne fiche de lecture ?

Studyrama Grandes Ecoles : 10/01/2013

En classes préparatoires aux grandes écoles de commerce et de management (CPGE, sections ECS, ECE, ECT), il est nécessaire de se constituer des FICHES DE LECTURE afin que la lecture ne soit pas seulement une simple consommation de mots, de phrases, d’histoires et de propos… Lire un texte, un livre, c’est relier et structurer des niveaux de signification différents se présentant dans une juxtaposition linéaire, donc logique, dans le but d’améliorer les savoirs pour mieux répondre aux exigences des concours.

par Yves Jean Belœil-Benoist

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Version téléchargeable et imprimable

La fiche de lecture est le compte rendu ou la recension précise de ces réseaux parallèles de signification qui apparaissent à la fois dans le texte de l’œuvre lue mais aussi dans tout ce qui permet la réception et la perception de cette œuvre, ce qui entoure le texte. De plus, l’objectif de la fiche de lecture est de disposer d’un instrument efficace de révision pour les concours où il faut savoir se démarquer des autres candidats, notamment par des références, voire des citations. Cette méthodologie est plus spécialement adaptée pour les ouvrages de sciences sociales (économie, sociologie, démographie…) et de sciences humaines (histoire, géographie, géopolitique…)1.
Dans la réalisation d’une fiche de lecture, il faut distinguer deux éléments : les opérations intellectuelles ; la présentation matérielle de la fiche en vue d’une utilisation ultérieure.

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Les opérations intellectuelles
Pour réaliser une fiche de lecture sur un ouvrage, trois opérations intellectuelles s’imposent : le choix des données ; la restitution de la démarche ; la réflexion critique personnelle. Il faut connaître ces opérations et les avoir à l’esprit dès le début de la lecture pour pouvoir réaliser une fiche efficace.

  • Le choix des données

Résumer est aussi utile pour l’information (possibilité de mémoriser plus facilement) que pour la réflexion (obligation d’une « reformulation » personnelle). Il faut donc distinguer clairement deux sortes d’éléments :
– les éléments essentiels du texte : dates, noms propres, titres, statistiques (significatives), mais aussi les terminologies, les concepts fondamentaux, les définitions. De ce fait, il faut bien mieux retenir l’idée ou le fait que l’expression ; donc, il faut éviter de multiplier les citations dans la fiche de lecture et ne retenir que les plus marquantes (sans oublier de mentionner la page) ;
– les éléments à écarter : redites ou répétitions, développements trop longs, transitions, digressions, exemples trop nombreux, lieux communs, références… sauf bien sûr quelques illustrations frappantes. Il faut donc viser l’efficacité.

  •  La restitution de la démarche

Deux opérations sont ici nécessaires :
– il faut procéder au découpage du texte : en étudier la présentation matérielle (sous-titrer, c’est d’ailleurs une profession dans le journalisme) et celle des paragraphes successifs, reproduire sous forme de plan les différents rapports logiques entre les idées (addition, opposition, causalité, dialectique, chronologie…) ;
– ensuite, il faut analyser les passages délicats ou importants : décomposer le raisonnement de l’auteur, dégager les idées-force, formuler de façon synthétique chaque passage.

  • La réflexion critique personnelle

Là encore, deux opérations sont à distinguer avec rigueur :
– poser des questions au texte : précision d’une définition ? Valeur d’un terme ? Prolongements d’une analyse ? Contra­dictions entre deux affirmations ? etc. ;
– utiliser les connaissances acquises antérieurement : références à d’autres ouvrages, à d’autres auteurs, opposés ou complémentaires, explication ou définitions différentes, nouveaux exemples, etc.
En conclusion de cette première opération, un conseil pour les ouvrages plus complexes ou à la conceptualisation élevée : après avoir relevé le plan ou la démarche de l’auteur, il faut lire en continu au moins vingt pages (ce qui correspond environ à trente minutes de lecture) puis noter, si possible en refermant le livre, pour ne pas être tenté de faire du copiage, et écrire un bref paragraphe sur l’essentiel (ce qui vous a marqué, ce qu’il faut retenir…). Ce conseil rendra plus aisé la seconde opération.

 


La présentation matérielle en vue d’une utilisation ultérieure
La présentation matérielle repose sur trois activités : l’identification de la fiche pour un repérage bref et efficace ; la disposition de la fiche pour une consultation rapide ; l’intervention personnelle sur le contenu de la fiche. Grâce au traitement informatique, cette opération est devenue de plus en plus aisée.

  • Identification de la fiche pour un repérage bref et efficace

Il faut connaître instantanément le contenu par un titre général et un ou plusieurs sous-titres (si les sources sont diverses et par quelques mots-clefs) comme, par exemple, les fichiers des bibliothèques et des CDI. Il faut relever la source d’information et sa référence bibliographique exacte.
De plus, il faut utiliser un index de classement : numérique (cf. la classification décimale universelle, mais guère utilisable pour une documentation personnelle d’étudiant) ou alphabétique, voire thématique (cf. sur ce point le plan de classement de la FNSP Périodiques, Fondation nationale des Sciences politiques).
Il faut opter pour des fiches de lecture au format européen A 4 (210 x 297 mm) qui seront classées en sous-chemises, chemises cartonnées et dossiers d’archives (320 x 240 mm) selon l’auteur, les thèmes, les matières… Pour les étudiants les plus soucieux d’efficacité, cette identification de la lecture peut se faire aussi sur des « fiches bibliographiques », à l’image de celle des fichiers de bibliothèque (fiches normalisées de format A 6 — 106 x 148,5 mm — très logeable dans une… boîte à chaussures) avec :
– au recto : NOM et prénom de l’auteur ; titre de l’ouvrage ; date de parution et date de la première édition ; lieu de publication ; éditeur ; nombre de pages ; date de votre lecture puis, pour les plus consciencieux, le code ISBN2, le code-barres, la durée de lecture… ;
– au verso : les mots-clefs, un résumé de cinq lignes, une brève appréciation, voire les conditions d’achat et de lecture.

  • Disposition de la fiche pour une consultation rapide

Il faut espacer et articuler les rubriques de l’analyse de façon à en faire apparaître l’architecture logique (cf. à la page 84 et sq. de l’ouvrage, très ancien mais sans égal, de J. ALMERAS et D. FURIA cité infra en bibliographie, sur la rédaction articulée et visualisée). Il faut préparer bien sûr la fiche en vue d’une consultation rapide : titrer, sous-titrer, numéroter, souligner, encadrer… La fiche de lecture, à côté des cours, des manuels, doit donc être un instrument privilégié pour la période des révisions préalable au concours ; dans cette période, il n’y aura plus de temps pour relire un ouvrage mais, par contre, une fiche de lecture bien faite permettra de retrouver une information essentielle sans aucune difficulté (ni perte de… temps).

  • Intervention personnelle sur le contenu de la fiche

Il faut utiliser systématiquement des NOTATIONS MARGINALES (donc il est et bon et nécessaire de prévoir des marges3), exprimant critiques ou doutes, renvois, références, illustrations, compléments… au moment de la rédaction. Ces notations marginales sont aussi développées lors d’une autre lecture ultérieure de l’ouvrage, permettant de reprendre la fiche de lecture, de la compléter, de la parfaire.
Il faut bien sûr maintenir un espace suffisant pour des notations ultérieures et des révisions sur ces notations. Ces notations peuvent être diverses : une citation avec mention de la page ; un numéro de page pour retrouver un passage clef ; des signes propres peuvent être utilisés.
Il est essentiel de terminer une fiche de lecture par une longue appréciation personnelle pour souligner l’intérêt de la lecture, la portée et la place de l’ouvrage dans une bibliographie, dans un cours.

 

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Sept questions d’étudiants
Depuis vingt ans, nous avons proposé4 aux préparationnaires (tant des sections ECS que ECE, en 1re et 2e années depuis 1995) dans notre pratique pédagogique la fiche de lecture. Chaque année, les étudiants, devant une très légitime inquiétude, nous posent des questions dont nous reprendrons ici les principales.

  • Combien de pages une fiche de lecture doit-elle compter, beaucoup de blogs indiquant de faire une synthèse de 10 % ?

10 % paraît considérable : 40 pages de fiches pour un ouvrage de 400 pages (avec le même nombre de signes par page) ! Ce n’est pas une fiche de lecture mais une prise de notes de lecture. Pour être efficace, une synthèse de moins de 5 % paraît satisfaisante. De toute façon, ce n’est pas un travail de quantité mais de qualité qui est attendu. Les fiches de lecture dans les livres en la matière le montrent bien ; les formes très normalisées ont pour but de mettre en valeur l’essentiel à retenir.

  • Faut-il souligner les phrases, les titres… ?

Les règles normatives de soulignement sont à respecter (mots en langues étrangères au texte, titre d’ouvrages, de revues…). Les professeurs de culture générale enseignent ces règles. Avec les outils informatiques, il est possible de mettre en valeur des titres, des passages avec le choix des polices, des styles et des tailles ; mais il ne faut pas déroger aux règles normatives (rappelons que ce qui est souligné dans un manuscrit apparaît en italique dans une dactylographie).

  • Faut-il souligner ou « surligner » les passages clefs ?

Il paraît plus judicieux et efficace d’utiliser une colonne ad hoc pour mettre en valeur, avec une hiérarchie de signes propres, les passages les plus utiles pour préparer efficacement révisions et concours.

 

  • Faut-il faire de nombreuses citations ?

Non ! Une fiche de lecture n’est ni une galerie de portraits avec une liste d’auteurs, ni un répertoire de « bons mots ». Il faut donc se limiter à un nombre congru de citations utiles, utilisables et à retenir. Par contre, dans ce cas, il est impératif de mentionner (en marge) la page de références. Une majorité de très bonnes fiches de lecture n’ont aucune citation.

  • Les fiches de lecture sont très nombreuses sur le Web. Le correcteur peut-il découvrir un « copier/coller », donc un plagiat ?

Tout plagiat est un délit, relevant des autorités judiciaires, outre le fait de recevoir une note nulle. Il n’est pas honnête pour un préparationnaire de plagier, même s’il est toujours possible de s’inspirer de ce qui a déjà été fait pour faire mieux. Les professeurs, connaissant bien les dérives du plagiat et des nouvelles techniques de fraudes, proposent des ouvrages (souvent très récents) n’ayant pas été l’objet de fiches. Enfin, ces professeurs connaissent les logiciels et les moteurs de recherche pour détecter les « emprunts ». De toute façon, aucun étudiant de CPGE ne réussit par ce biais ; tôt ou tard, il sera rattrapé par son passé de « fraudeur »…

  • Faut-il suivre et respecter le plan de l’ouvrage lu dans une fiche de lecture ?

Non, cela n’est pas obligatoire ; c’est une question de choix personnel pour trouver les meilleurs moyens de réussir les concours. De nombreuses fiches restructurent complètement le livre lu pour réaliser une fiche de lecture plus « problématisée », comme une dissertation avec deux ou trois parties, structurées en deux ou trois paragraphes. C’est un peu le cas des ouvrages de fiches de lecture qui, pour des raisons éditoriales, cherchent à normaliser la présentation pour une lecture plus claire et plus aisée.

  • L’appréciation finale est-elle impérative et/ou importante ?

Sans appréciation personnelle finale, une fiche de lecture n’a guère de sens. En permettant de développer l’esprit critique, l’appréciation pose des repères pour mettre en exergue intérêt des pages lues, connaissances à acquérir en complément du cours. Avec un travail en groupe, en trinôme, en échangeant des fiches, les appréciations successives des lecteurs permettent d’obtenir des points de vue nouveaux, éclairants, pouvant conduire à une relecture puisque toute lecture d’un même document est multiple et qu’à chaque lecture des éléments échappent à l’attention la plus vigilante…


En guise de conclusion
Si la fiche de lecture est demandée par l’enseignant, il faut bien sûr suivre les consignes de présentation qui seront spécifiées et/ou exigées.
L’intérêt des fiches de lecture, surtout en CPGE où la réussite de la préparation ne peut se faire qu’avec un travail de groupe (au moins entre les étudiants de chaque trinôme d’interrogations ou « khôlles »), est de faire circuler la réalisation de ce travail, ce qui permet à chacun d’avoir connaissance d’un plus grand nombre d’auteurs et de publications (car il reste bien difficile de lire plus d’un livre par semaine).

 

 

1. Malgré les affirmations d’innombrables sites Internet et blogs sur la méthodologie de la fiche de lecture, la méthode est sensiblement différente selon les niveaux d’études (collège, lycée, CPGE), qui n’ont pas les mêmes objectifs, et surtout selon la nature de l’ouvrage (roman, essai, analyse…) ; ainsi, la fiche de lecture d’un roman met l’accent sur l’auteur, l’histoire du récit, le caractère romanesque, le style…, celle d’un ouvrage de sciences sociales met en exergue des raisonnements, des mécanismes, des concepts, des références à l’histoire passée comme à l’actualité. Pour plus de détails, voir les pages 138-145 du livre d’Almeras J., Furia D. cité dans la bibliographie infra.
2. Toutes les publications possèdent un numéro international normalisé de dix chiffres (ou onze pour certains pays) en quatre tranches séparées par des tirets : c’est l’ISBN, International Standard Book Number, avec chiffre du pays, identification de l’éditeur, nombre attribué à l’ouvrage par l’éditeur et un chiffre de contrôle calculé par l’éditeur. Ce nombre est important pour des recherches informatisées, notamment dans les librairies. Quant aux revues, elle possède l’ISSN, International Standard Serial Number. Pour en savoir plus, voir les pages 62-66 de l’ouvrage de G. Ferréol et les pages 165-166 de l’ouvrage de l’ABF, cités en bibliographie, infra.
3. Il serait bon d’encadrer la fiche de deux colonnes, à droite et à gauche de la rédaction :
- la première colonne, à droite, permet de donner des compléments ou des corrections lors d’une relecture de l’ouvrage (surtout si la fiche circule entre plusieurs préparationnaires, qui ont bien sûr tous lu le livre) ;
- la seconde colonne, à gauche, permet de donner des citations, avec mention de la page, ou mieux de mentionner avec des signes et des repères propres et personnels (+, ++,  *, §, NB, cf. cours n°,… et tous les autres signes et symboles offerts par les logiciels informatiques) les passages importants ou essentiels.
4. « Imposer » en section ECE, les fiches de lecture permettent, avec un coefficient moindre, de relever les moyennes des DS (devoirs surveillés) et des CB (concours blancs) ; en section ECS, nous proposons librement des fiches de lecture soit sur une liste distribuée, soit sur proposition de l’étudiant, toujours dans le but de relever les moyennes ; quelques rares étudiants ont su utiliser avec discernement ce moyen pour améliorer leurs prestations.

 

 

Bibliographie
– ALMERAS J., FURIA D. (1969), Méthodes de réflexion et techniques d’expression, Paris, éditions Armand Colin, collection « U » (notamment le chapitre 2.VI : Présentation d’une documentation, aux pages 134-145).
– ABF (Association des bibliothécaires français) (1992), Le Métier de bibliothécaire (Cours élémentaire de formation professionnelle à l’intention du personnel des médiathèques publiques), Paris, La Documentation française.
– BARIL D., GUILLET J. (1969), Techniques de l’expression, Paris, éditions Sirey (notamment aux pages 59-71 le chapitre 3 : « Le plan dans la pensée des autres », et aux pages 91-109 le chapitre 4 : « La prise de notes »).
– BELŒIL-BENOIST Y. J., CAUCHE Ph., FERRÉOL G. (1993), Le DEUG de sociologie, Paris, éditions Armand Colin, collection « Réussir », 216 pages.
– GIQUEL F. (1990), Réussir le résumé de texte, Paris, éditions d’Organisation.
– MONTOUSSÉ M. (sous la direction de) (2006), 100 fiches de lecture. Les livres qui ont marqué le XXe siècle en économie, sociologie, histoire économique, Rosny-sous-Bois, éditions Bréal.
– MONTOUSSÉ M. (sous la direction de) (2007), 50 fiches de lecture. Les livres majeurs de l’Antiquité au XIXe siècle en économie, sociologie, histoire économique, Rosny-sous-Bois, éditions Bréal.
– MONTOUSSÉ M., D’AGOSTINO S., BONNEWITZ P., BURIDANT J. (2008), 100 fiches de lectures en économie, sociologie, histoire et géographie
économiques
, Rosny-sous-Bois, éditions Bréal.
– PROFIT J. (1990), Réussir le résumé de texte et la note de synthèse, Paris, éditions Syros/ Chronique sociale.
– RICHAUDEAU F., GAUQUELIN M., GAUQUELIN F. (1969), Lecture rapide, Paris,
éditions Marabout (surtout le huitième cours : « Faites un plan de lecture » aux pages
213-233).


Sur le Web :
Dans la multitude des sites, quatre paraissent dignes d’être mentionnés, trois sur les 173 consultés pour la rédaction du présent article (les quelque 360 000 autres seront consultés… plus tard), ne comportant aucune erreur manifeste et proposant quelques pistes pour compléter cet article et en relativisant ses propos :
– http://mejliss.com/node/1365138
– http://brunogolt.lemonde.fr/2009/09/16/methodologie-de-la-fiche-de-lecture
– http://www.etudes-litteraires.com/fiche-de-lecture.php
– http://www.oboulo.com/fiche-de-lecture.html

 


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