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Rousseau : société politique et radicalité démocratique

Studyrama Grandes Ecoles : 13/01/2012

par Norbert Lenoir

Pour comprendre la nature de cette société politique, il faut être sensible à la mise en garde faite par Rousseau à l’égard de son Contrat Social : « il ne faut pas reléguer le Contrat Social avec la République de Platon, l’Utopie et les Sévarambes dans les pays des chimères(1). » Il refuse que son Contrat Social soit compris comme la prescription d’une cité idéale. Il ne vise absolument pas la construction d’une perfection politique mais la mise à jour de la radicalité démocratique

Le Contrat Social est ce mode d’enquête qui pose cette question : comment faire advenir ce seul sujet possible de la démocratie — le peuple — sans en faire un alibi d’une captation de sa puissance par une entité extérieure à lui ? Si la démocratie signifie le pouvoir du peuple, elle ne peut être réelle que si ce peuple est l’expression de l’identité entre la souveraineté et le souverain, le pouvoir de consentir et la puissance de décider.
On peut séparer deux attitudes chez Rousseau pour fonder la démocratie. Une attitude critique, celle de la représentation, et une attitude positive : la définition de la démocratie par l’identité.

Critique de la représentation
Cette critique montre que la logique représentative ne peut pas conduire à une logique démocratique car elle organise nécessairement des séparations sociales et politiques. Rousseau a l’intuition que ce type de régime favorise la constitution de volontés politiques qui, en devenant de plus en plus indépendantes des citoyens, expriment, non plus l’intérêt général, mais des intérêts particuliers et institutionnalisés. Cette intuition est le fond de la critique rousseauiste : « Le peuple ne peut avoir de représentants, parce qu’il est impossible de s’assurer qu’ils ne substitueront point leurs volontés aux siennes, et qu’ils ne forceront point les particuliers d’obéir en son nom à des ordres qu’il n’a ni donnés ni voulu donner2. » Sa critique est sous-tendue par l’idée que les représentants possèdent dans leurs décisions politiques une certaine indépendance vis-à-vis de la volonté des citoyens électeurs. Cette indépendance fait craindre à Rousseau que la volonté du peuple ne soit plus la force motrice du politique. Ce constat n’est pas la résultante d’une simple inquiétude, mais d’une compréhension d’une logique inhérente à la représentation politique.

1. Lettres écrites de la montagne, lettre VI, in Œuvres, t. III, p. 810. Toutes les références à l’œuvre de Rousseau renvoient à l’édition des œuvres complètes des éditions de La Pléiade, Gallimard.
2. Rousseau, Fragments politiques, Du pacte social, 10, t. III, p. 484.

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